Je rentre chez moi je suis Cyril, je pars au travail je suis Monsieur Brun.

Dans cet article j’aimerai voir avec vous comment cette séparation est destructrice pour soi et son entourage.

Être complexe, l’être humain ne cesse de nous étonner, de nous surprendre et par-dessus tout de nous dérouter. Sous les traits semblables de l’espèce humaine, chaque personne est unique, différente au point de demeurer toujours pour l’autre, même le plus proche, un mystère.

Pour comprendre l’être humain, une multitude de spécialités ont vu le jour. Le corps, l’âme, l’esprit sont scrutés, disséqués dans les moindres recoins. La science débusque toujours un nouvel interstice où nicher une nouvelle discipline au service de l’Homme. Plus les découvertes progressent, plus les domaines d’expertise s’enrichissent, et plus l’énigme humaine semble percée à jour, sans pour autant réussir à dévoiler l’intégralité du mystère de chacun.

Complexe, mais unique, l’être humain n’est pas un ensemble de sections juxtaposées

A modéliser ainsi l’être humain, nous avons fini par en perdre son unicité. L’Homme, en effet, n’est pas le colmatage de toutes ses composantes. Et l’hyperspécialisation des experts tend de plus en plus à exclure, voire à renvoyer dos à dos, les différents aspects qui composent l’être humain. L’expertise, nécessaire pour avancer dans la connaissance de soi, conduit pourtant à hypertrophier un aspect (voire un problème) au détriment de l’équilibre global de notre personne.

Je ne peux pas être réduit à moi au travail ou moi à la maison, je suis les deux à la fois.

L’être humain n’est jamais réductible à un aspect de son humanité. Il n’est jamais aveugle, ou grand, ou malade, ou beau. Il est avant tout une personne humaine dont une des caractéristiques est la cécité, la haute taille, la maladie ou encore la beauté. Cette évidence que l’on oublie trop souvent est pourtant doublement fondamentale. Nous sommes plus que nos faiblesses ou nos défaillances. Et celles-ci n’affectent qu’un aspect de nous-même, quand bien même la paralysie qui en résulterait serait complète. Mais également nous sommes plus que nos forces et nos réussites, nous avons des limites et des failles. Quelles que soient les causes de ces forces et de ces faiblesses, elles sont ensemble la réalité complexe d’une personnalité globale qui doit se construire sur cette vérité entière de notre personne. Et tout cela nous l’emportons avec nous au travail et nous le ramenons à la maison.

Un thérapeute spécialiste a du mal à nous voir en dehors de sa spécialités

L’autre point fondamental d’être une personne humaine unifiée avant d’être telle ou telle caractéristique de notre personnalité, c’est que nous ne sommes pas cloisonnés. Ce qui veut dire que non seulement notre équilibre passe par les différentes composantes de notre être, mais que ces composantes interagissent l’une sur l’autre. D’où la limite des avis de spécialistes qui se focalisent sur les conclusions de leur expertise, sans pouvoir prononcer un jugement global sur l’intégralité de la personne qui s’adresse à eux. La grande difficulté est de garder une vision d’ensemble de la personne, une vision intégrée.

L’anthropologie c’est connaître l’homme unifié, âme, corps et esprit

Or une telle vision n’est possible qu’en partant d’une connaissance globale de la personne humaine. C’est l’anthropologie au sens fort du terme. Discipline unifiante, l’anthropologie est avant tout connaissance de l’être humain dans ses trois dimensions fondamentales que sont le corps, l’âme et l’esprit. Ces trois composantes de l’Homme sont indissociables.

Il n’y a pas de corps sans âme, ni d’âme humaine sans corps, ni d’esprit humain sans âme ni corps. C’est un tout non seulement uni, mais surtout coexistentiel. On peut intellectuellement les distinguer pour mieux les étudier, mais on ne peut les disséquer. Jamais nous ne trouvons un corps humain sans âme, ni esprit. C’est comme isoler l’eau de la mer, c’est impossible.

Savoir qui je suis, c’est aussi savoir comment je réagi

Mais connaître les trois composantes de l’être humain, les connaître de l’intérieur, avec leurs propres éléments internes, est loin, très loin de suffire pour connaître la personne humaine. Encore faut-il appréhender les mécanismes par lesquels le corps, l’âme et l’esprit se nourrissent mutuellement. Car entre eux c’est comme un même sang qui s’écoule. Intégrer ces composantes et leur unité permet à l’anthropologie de dresser un caryotype de la personne humaine en tant qu’être humain universel autour duquel se dessine le mystère propre à chaque personne.

Si nous sommes tous semblables et égaux, je reste unique

Car, en définitive, chacun d’entre nous n’est « qu’une » des multiples combinaisons possibles de ce caryotype, façonnée par l’histoire propre de chacun.

En d’autres termes, la démarche « connais-toi toi-même » qui inspira Socrate est avant tout la découverte de son propre caryotype, c’est-à-dire de ce qui fait notre vérité propre, à partir de la vérité anthropologique commune à toute l’humanité.

D’où le danger de poser un jugement, voire un diagnostic, fondé sur une vision partielle ou erronée de l’Homme. Nous ne sommes pas réductibles à une difficulté psychologique, laquelle n’est jamais qu’un problème d’équilibre général de notre caryotype personnel. Avant de se focaliser sur un problème ou une difficulté, il est important de les resituer à leur place véritable dans l’équilibre anthropologique, sans quoi nous courrons le risque de ne faire que déplacer le problème ou de lui donner une réalité qu’il n’a pas.

Notre métier c’est une facette de nous-même

C’est pourquoi dans la vie professionnelle, à compétences égales, nous ne ferons jamais un même métier de la même façon. C’est du reste ce qui fera toute la différence dans un entretien d’embauche, car ce sera notre valeur ajoutée. Il est donc important de se connaître pour comprendre comment nous mettons en œuvre notre métier, pour mieux vendre non ses compétences, mais ses compétences pratiques, appliquées, bref notre savoir faire qui dépend de notre façon d’être.

Nous sommes professionnellement ce que nous sommes humainement.

Ainsi, la combinaison de tous nos talents et de notre personnalité, fait de nous un être unique qui seul peut apporter ce qu’il est à la société et donc au travail. C’est bien la combinaison de nos talents, la manière de les mettre en musique. Entre deux scientifiques de haut niveau, dans une même discipline, l’un aura la capacité de travailler tard le soir, l’autre au contraire de travailler très vite. Cette petite différence, ouvre ou ferme des portes.

Un bilan de compétences fondé sur sa personnalité humaine

C’est ce que propose un bilan de compétence fondé sur l’étude de la personne humaine : découvrir ses talents et comment les mettre en musique compte tenu de notre personnalité et de nos aspirations.

Si vous souhaitez aller plus loin, je vous invite à télécharger mon e-book parcours de bilan de compétences qui expose la démarche pour articuler, compétences, talents et personnalité.

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Cyril Brun